Je ne peux comprendre l’espèce de consensus généralisé comme quoi, les femmes qui demandent un support financier à un conjoint après la séparation, sont des “méchantes femmes” qui en veulent à l’argent de leurs hommes. Pourquoi cette équation n’est-elle valide que dans un sens?
En effet, la première question que je me pose dans cette histoire et qui me turlupine depuis le début, c’est: mais pourquoi cet homme a-t-il tellement besoin de tout cet argent? En quoi Lola est-elle plus avare que lui de lui réclamer une pension, que lui de la lui refuser sachant qu’il est riche comme Crésus au point de ne pas savoir quoi faire de son argent? Il y a cette forme d’identification générale au fait que, si c’est lui qui l’a gagné, c’est que c’est lui qui l’a mérité. Cela illustre l’individualisme collectif en place. Personnellement, je me fous un peu de ce genre de considérations, la question selon moi, est plutôt de savoir si le fait de partager une relation d’aussi long terme avec une femme ne nous positionne pas dans une certaine forme de responsabilité à son égard. Et arrêtez de croire que les conjoints moins fortunés pourront demander des sous pour un oui ou un non, même dans le cas des gens mariés, les pensions sont limités à quelques notions précises: l’enrichissement aux dépens de l’autre et le secours alimentaire. Ce n’est pas la mer à boire...
Je crois qu’il faut avoir peu vécu pour croire que la situation est simple entre deux conjoints qui s’aiment. Croire qu’il suffit pour le conjoint qui désire une forme de protection financière de réclamer un mariage pour que cela se concrétise est de la pure naïveté. Qui dit que le rationnalisme domine dans les relations amoureuses? Le rationnalisme ne domine pas du tout, soyons francs. Combien de compromis acceptons-nous souvent pour combler le fossé qui est inévitable entre nous et l’autre afin qu’une relation florisse. Bien des femmes que je cotoie ne se marie pas, non pas parce qu’elles ne le désirent pas, mais parce que leur conjoint ne le désire pas. Ce serait facile de dire: elles n’ont qu’à se séparer. Ce serait faire abstraction de tout ce qu’elles ont trouvés de positif dans la relation entretenue et de tous les échecs précédents qui ont un peu forcé la main dans l’acceptation de ces compromis. De plus, lorsque la relation est en place et que l’autre nous promet mers et mondes, il est difficile d’imaginer que le jour où l’amoureux deviendra l’ex, la relation se transformera en arène de boxe où tous les coups seront permis, même celui de renier toutes les promesses.
Le jugement vous semble infantilisant? Peut-être l’est-il. Si notre société était constituée seulement de gens guidés par de hauts principes éthiques et moraux, sans doute les lois seraient-elles inutiles. Cependant, si je me fie à la situation des pays où les lois se font rares, la seule loi règnant là-bas est celle de la jungle: “la loi du plus fort est toujours la meilleure”. Cela me permet d’affirmer sans me tromper que les adultes ne sont que des enfants plus âgés qui cherchent à marquer des gains dans toutes les situations où cela leur est égoïstement possible.
Je voudrais également revenir à cette notion de choix pour le conjoint qui décide de demeurer à la maison pour élever des enfants. Les préjugés sont nombreux à l’égard de cette situation, montrant l’incapacité d’une collectivité de s’intéresser à la réalité de ceux qui partagent des valeurs différents d’eux. Tout le monde n’est pas en mesure ou ne désire pas nécessairement s’insérer dans la logique de la société performante. Quand un conjoint fait le choix de rester à la maison, il le fait avec l’accord de l’autre conjoint qui en perçoit des avantages qui ne sont peut-être pas financiers, mais qui lui accorde un bénéfice certain dans son bien-être physique et psychologique. Par exemple, il s’épargne la course quotidienne à la garderie/école, le sprint du réveil, déjeuner, habillage, brossage de dents, brossage des cheveux, boîte à lunchs, collations pour toute la marmaille. Souvent, les tâches ménagères sont également redistribuées de façon à le libérer et lui donner du temps libre. Cela lui permettra peut-être même de faire quelques heures supplémentaires en plus, ce qui bénéficiera à sa carrière au détriment de celle du conjoint qui est à la maison.
Dans un couple tout est intrinsèquement lié. C’est une simplification binaire de de croire que les finances et la carrière de chaque individu ne dépend pas de sa relation familiale ou maritale.
Et histoire d'éviter les commentaires dirigés: je suis mariée. Je travaille à temps plein. Je fais presque autant d'argent que mon conjoint. Bref, il ne me versera jamais de pension.
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