vendredi 5 novembre 2010

Lola et Pete

Je ne peux comprendre l’espèce de consensus généralisé comme quoi, les femmes qui demandent un support financier à un conjoint après la séparation, sont des “méchantes femmes” qui en veulent à l’argent de leurs hommes. Pourquoi cette équation n’est-elle valide que dans un sens?

En effet, la première question que je me pose dans cette histoire et qui me turlupine depuis le début, c’est: mais pourquoi cet homme a-t-il tellement besoin de tout cet argent? En quoi Lola est-elle plus avare que lui de lui réclamer une pension, que lui de la lui refuser sachant qu’il est riche comme Crésus au point de ne pas savoir quoi faire de son argent? Il y a cette forme d’identification générale au fait que, si c’est lui qui l’a gagné, c’est que c’est lui qui l’a mérité. Cela illustre l’individualisme collectif en place. Personnellement, je me fous un peu de ce genre de considérations, la question selon moi, est plutôt de savoir si le fait de partager une relation d’aussi long terme avec une femme ne nous positionne pas dans une certaine forme de responsabilité à son égard. Et arrêtez de croire que les conjoints moins fortunés pourront demander des sous pour un oui ou un non, même dans le cas des gens mariés, les pensions sont limités à quelques notions précises: l’enrichissement aux dépens de l’autre et le secours alimentaire. Ce n’est pas la mer à boire...

Je crois qu’il faut avoir peu vécu pour croire que la situation est simple entre deux conjoints qui s’aiment. Croire qu’il suffit pour le conjoint qui désire une forme de protection financière de réclamer un mariage pour que cela se concrétise est de la pure naïveté. Qui dit que le rationnalisme domine dans les relations amoureuses? Le rationnalisme ne domine pas du tout, soyons francs. Combien de compromis acceptons-nous souvent pour combler le fossé qui est inévitable entre nous et l’autre afin qu’une relation florisse. Bien des femmes que je cotoie ne se marie pas, non pas parce qu’elles ne le désirent pas, mais parce que leur conjoint ne le désire pas. Ce serait facile de dire: elles n’ont qu’à se séparer. Ce serait faire abstraction de tout ce qu’elles ont trouvés de positif dans la relation entretenue et de tous les échecs précédents qui ont un peu forcé la main dans l’acceptation de ces compromis. De plus, lorsque la relation est en place et que l’autre nous promet mers et mondes, il est difficile d’imaginer que le jour où l’amoureux deviendra l’ex, la relation se transformera en arène de boxe où tous les coups seront permis, même celui de renier toutes les promesses.

Le jugement vous semble infantilisant? Peut-être l’est-il. Si notre société était constituée seulement de gens guidés par de hauts principes éthiques et moraux, sans doute les lois seraient-elles inutiles. Cependant, si je me fie à la situation des pays où les lois se font rares, la seule loi règnant là-bas est celle de la jungle: “la loi du plus fort est toujours la meilleure”. Cela me permet d’affirmer sans me tromper que les adultes ne sont que des enfants plus âgés qui cherchent à marquer des gains dans toutes les situations où cela leur est égoïstement possible.

Je voudrais également revenir à cette notion de choix pour le conjoint qui décide de demeurer à la maison pour élever des enfants. Les préjugés sont nombreux à l’égard de cette situation, montrant l’incapacité d’une collectivité de s’intéresser à la réalité de ceux qui partagent des valeurs différents d’eux. Tout le monde n’est pas en mesure ou ne désire pas nécessairement s’insérer dans la logique de la société performante. Quand un conjoint fait le choix de rester à la maison, il le fait avec l’accord de l’autre conjoint qui en perçoit des avantages qui ne sont peut-être pas financiers, mais qui lui accorde un bénéfice certain dans son bien-être physique et psychologique. Par exemple, il s’épargne la course quotidienne à la garderie/école, le sprint du réveil, déjeuner, habillage, brossage de dents, brossage des cheveux, boîte à lunchs, collations pour toute la marmaille. Souvent, les tâches ménagères sont également redistribuées de façon à le libérer et lui donner du temps libre. Cela lui permettra peut-être même de faire quelques heures supplémentaires en plus, ce qui bénéficiera à sa carrière au détriment de celle du conjoint qui est à la maison.

Dans un couple tout est intrinsèquement lié. C’est une simplification binaire de de croire que les finances et la carrière de chaque individu ne dépend pas de sa relation familiale ou maritale.

Et histoire d'éviter les commentaires dirigés: je suis mariée. Je travaille à temps plein. Je fais presque autant d'argent que mon conjoint. Bref, il ne me versera jamais de pension.

mardi 24 août 2010

Guide d'achat bébé vu par une maman de famille nombreuse

Ces derniers années, une véritable marketisation du rôle de parent s'opère. Les tentatives pour nous convaincre qu'on a besoin d'un matériel de plus en plus vaste et de plus en plus coûteux dans notre rôle de parents sont constantes. Jouant sur la corde très sensible de notre désir d'éviter à nos enfants de vivre le moindre risque ou sur celui de la stimuler adéquatement en jouant les animatrices de camp de jour avec nos bébés avec le résultat d'enfant ultra dépendant incapable de s'amuser seul (vécu avec ma grande).

La résultante est qu'on se retrouve avec la diversification de l'offre des produits pour bébé et aussi un élargissement de la quantité de lieux qui nous les vendent. Auparavant, si on ne trouvait pas l'objet désiré chez Toys R Us, on se tournait vers Sears ou Walmart. Aujourd'hui, on a la possibilité de visiter un des nombreux indépendants qui présentent des produits souvent mieux adaptés à la réalité parentale et des produits un peu moins grande distribution. Rose ou bleu, Bébé plus, Flo Urbain ne sont que les quelques exemples des boutiques auxquelles je peux penser. Même Clément qui vendait principalement des vêtements et présentait un court rayon d'articles de bébé est en train de revamper sa bannière en offrant des méga-boutiques de bébé!

Comme dans toute chose, il y a des abîmes et des écueils dans cette transformation, mais aussi de fabuleuses évolutions.

Premier constat? Dans une dérive d'un concept de base de communication: trop d'informations tue l'information. Parfois on a l'impression de nager dans une mer de produits indistincts et d'être réduit à un choix à l'aveuglette. Bon, quelques sites Web démêlent un peu les produits avec leurs bancs d'essai. Mais la sélection des bancs d'essai est souvent limitée, ne couvre donc pas toujours l'offre régionale à laquelle on est exposée et les produits sont "transformés" chaque année de manière à ce que tout banc d'essai devient caduc en moins d'un an ou deux. De nombreuses listes sont également disponibles sur le Web sous l'étiquette de "Liste d'essentiels", mais celles-ci sont changeantes et montrent que les essentiels de l'un ne sont pas les essentiels de l'autre. Pour toutes ces raisons, même si je vous cite ici quelques uns de mes choix préférés, l'important est davantage l'expérience des critères généraux que j'ai finalement établi pour mes achats subséquents que l'objet choisi en soi. Avant de magasiner, le premier exercice à faire est donc de réfléchir à ses besoins et de se faire une liste de critères personnels.

Les bancs d'auto
Avant même d'en arriver avec les différentes marques, on nous a compliqué la tâche en nous produisant des modèles distincts, remplissant les besoins d'un groupe d'âge précis d'enfant, de poids précis, de grandeur précise. Pouah. C'est indigeste. Les coquilles. Les sièges d'auto. Les boosters avec dossier ou sans. Les 3 dans 1. Les 2 dans 1. En plus, la variation des prix n'est pas des plus minces. Du simple booster sans dossier à 30$ au banc d'auto aérodynamique avec turbo-freins intégré couvrent les besoins de l'enfant jusqu'à sa majorité (ce n'est presque pas une blague) à 300$, on peut se questionner.

Première arnaque: les 3 dans 1. Personne ne devrait acheter de 3 dans 1 à moins de ne prévoir avoir qu'un enfant -et encore-. Outre leur prix plus élevé, le banc 3 dans 1 présuppose que vos besoins demeureront les mêmes pendant les 5 prochaines années o­ù ils seront à votre service (car les bancs d'auto viennent avec une date de péremption, histoire de nous faire dépenser davantage, de nous culpabiliser et de nous compliquer la vie). Pari très risqué. Démesurément massif, on réalise souvent lors de la naissance du bébé no 2 qu'on peine à placer la coquille en plus de ce monstre sur notre petite banquette arrière sacrifiant la troisième place. Cela signifie invariablement que si la famille passe à 3 enfants, il faudra racheter des bancs à nouveau. et qu'il faut oublier le transport de grand-maman lors d'une sortie Y. Combien de fois j'ai lu des mamans jouer à Tetris dans leur petite auto pour tenter de faire entrer 3 bancs sur la banquette arrière (Avant de se tourner vers une fourgonnette, dépitée)? Parfois, même une planification rapprochée de la sélection des bancs ne permet pas d'éviter l'expansion vers une voiture plus grande. L'intérêt de dépenser des fortunes pour des bancs populaires et plus minces tel que les Sunshine Kids Radian est discutable et doit être évalué de façon réaliste.

En outre, quand votre enfant atteint finalement la barre des 40 pouces et 40 livres nécessaires à l'utilisation d'un booster, vous serez probablement heureux de faire ce passage symbolique vers l'âge du grand enfant et ferez de toute façon l'achat d'un booster. Sans compter qu'ils sont plus légers et plus portables, ce qui nous fait récupérer un peu d'espace, précieuse denrée dans les autos de famille nombreuse!

La morale de cette histoire? Vaut mieux acheter un banc précis pour chaque âge, à beaucoup moindre prix. Au final ça ne coûtera pas plus cher, voire moins et ça prendra moins de place -Sauf pour les coquilles, mais ça vous avez d'autres raisons de les aimer, tel que le fait d'entrer la coquille dans la maison pendant que bébé fait la sieste sans le réveiller-.

Mes choix?
Une coquille qui couvre les bébés jusqu'à 32 pouces (les plus petits, bébé se retrouvent les genoux dans le front à 6 mois et oblige de changer pour un siège d'auto plus rapidement).
Un siège d'auto choisissez un pas cher, il n'y a pas de plus-value à ceux qui coûtent une fortune, celui que j'ai payé une fortune, je le déteste profondément. Par contre, j'ai bien aimé mon petit modèle pas cher Cosco, aujourd'hui discontinué, son plus proche équivalent est le Cosco Scenera.
Pour les boosters, deux modèles ont retenu ma faveur ici: le TurboBooster de Graco et Le Compass, les deux peuvent être achetés pour entre 65-80$.

Les fichus poussettes!
Les poussettes ont changé pour le mieux dans les dernières années. On se soucie de plus en plus du confort des parents dans la création de cet artéfact quasi obligatoire de la vie parentale, alors qu'avant on ne se souciait que du poupon/bambin. Certains vous diront que un porte-bébé fait le travail aussi bien et qu'on pourrait même passer outre cette dépense, mais mon dos pense autrement après avoir eu 4 gros bébés, dont mon garçon qui faisait déjà 19 livres sous la barre des 3 mois.

Ce qu'on ne vous dit pas en magasin lorsque vous explorez les rayons? Faire le test d'une poussette sans bébé, ça revient à essayer une auto sans la conduire. Amenez donc votre petit neveu de 10 mois faire vos magasinages de poussette. Pour les poussettes double, amenez votre neveu de 3 ans ET votre neveu de 10 mois. Acheter une poussette double en faisant le test avec un enfant de 1 an et demi et un bébé naissant ou deux enfants beaucoup plus âgés révèle une expérience TOTALEMENT différente. Le merveilleux roulement de la poussette convoitée lorsque testé avec poupon et bambin disparaît souvent avec les livres ajoutés des enfants grandissant, transformant la poussette en monstre éléphant intournable, inmanipulable et finalement en trophée supplémentaire dans le garage. Je voudrais vous dire qu'il existe une solution parfaite, malheureusement, il n'y en a pas sur le marché. Cependant, si je devais refaire l'achat d'une première poussette aujourd'hui pour mon premier enfant, j'achèterais une poussette Phil & Teds Dash ou Sport disponible chez Bébé Plus et chez Flo Urbain, mais pas chez Rose ou bleu cité plus haut. Elle couvre les besoins d'une poussette simple et d'une poussette double et c'est la seule poussette double qui rend l'expérience de la poussette double acceptable. Il existe bien quelques imitations, mais elles sont toutes beaucoup plus lourdes et plus coûteuses. Ses défauts? Elle est relativement coûteuse (environ 750$ taxes en deuxième chaise incluses). On lui reproche une certaine fragilité qui est heureusement compensée par un très bon service à la clientèle. Ah et j'oubliais: on ne peut pas sortir dans les magasins sans se faire poser des questions sur notre bête étrange, alors pour la discrétion on repassera!

Chaise-haute et tutti quanti
Rien ne ressemble plus à une chaise haute qu'une autre chaise haute. Que dire de plus? J'ai eu 3 chaises hautes depuis mon premier bébé, j'ai également vu et testé des tas de chaises-hautes. Encore là il y a une gadgétisation incroyable et non-nécessaire. Il suffit de penser à la possibilité d'incliner la chaise-haute en 12 positions. On s'en fout! Vous désirez en réalité 2 positions: une position inclinée pour un bébé qui ne se tient pas encore bien assis (et même ça, un bébé qui mange normalement se tient assis, au pire, il reste la coquille d'auto pour la petite période où il pourrait être nécessaire de l'incliner) et une position assise. Le reste c'est vraiment du marketing! Le seul véritable critère qui compte est la lavabilité. N'achetez pas une de ces cochonneries plein de craques où la bouffe se coince et où la bouffe demeure malgré vos lavages en profondeur, ni un de ses coussins qui ne va pas à la laveuse ou à la sécheuse. C'est l'horreur. Ma soeur sur la voie de devenir ergothérapeute a choisi ce modèle: Tripp trapp. Je ne possède pas ce modèle mais je le trouve incroyablement bien conçu, versatile et LAVABLE, mon seul critère. De mon côté, je n'ai pas de chaise-haute. Comment? Pas de chaise-haute? Oui. Pas de chaise-haute. Je préfère les rehausseurs comme celui sous le lien. Ça prend moins de place quand c'est en utilisation, ça prend moins de place quand ce n'est pas en utilisation et ça prend moins de place quand c'est dans le garage plus utilisé du tout.

Couchette
Parmi tous les objets que l'on achète pour les besoins de bébé, la couchette est sans doute celui qu'il est le plus facile d'acheter en excellent état usager. Tant que les barreaux ne sont pas écartés de plus de 8 cm, pour le reste depuis une quinzaine d'années, les modèles demeurent relativement semblables et à part pour la couleur et la forme, la différence est histoire de décoration. C'est donc une excellente occasion d'épargner quelques sous en magasinant sur Kijiji.

D'autres essentiels? Non. Pas d'autres essentiels. C'est drôle, plus on a d'enfants, plus le stock de bébé réduit ou encore celui qu'on a n'est même pas utilisé. Après un séjour dans le garage (;-)) entre deux enfants, on finit par ne même plus voir l'intérêt de sortir l'équipement de là. Le reste c'est purement et simplement du luxe. On l'achète parce qu'on est enceinte du petit premier et qu'on trouve là une belle occasion de consommer, excité par notre nouvelle réalité de maman. On l'achète parce que nos besoins spécifiques (bébé à colique = miracle de la balançoire ou du banc vibrant pour bien des mamans) rendent l'objet attrayant. On l'achète parce que. C'est tout. Je vous parlerai peut-être des objets de luxe dans une autre chronique. Peut-être ;-)


mardi 6 juillet 2010

Bravo génies!

Des voisins particulièrement brillants à moi n'ont pas encore "partis" la saison de leur piscine hors-terre. On s'entend que je me fous pas mal de ce que font les autres voisins en général, je suis une voisine relativement tolérante: ils peuvent très bien laisser traîner des cochonneries (tant que c'est pas du bois pourri ou un truc qui accumule l'eau), laisser leur gazon pas coupé ou même faire un méga-party plein de bruit tant que c'est raisonnablement pas trop fréquent, je m'en fous!

Mais la piscine, le problème, c'est que ça devient un véritable nid à moustiques de l'eau croupi qui stagne... Alors ça oui, ça me fait un peu $%%$$. Ça fait donc 3 semaines que j'espère qu'ils la partent, me remémorant les sages paroles de mon beau-frère qui a travaillé de longues années de sa vie dans le monde des piscines: "d'habitude à la St-Jean, tout le monde a déjà parti sa piscine". J'ai donc attendu la St-Jean avec un enthousiasme non contenu: rien n'a changé, toujours plein de moustiques chez moi. J'ai même laissé passer la fête du Canada en me disant que ça serait fait d'ici là.

Mais non, rien.

J'avais un peu renoncé, me disant qu'ils avaient perdu le manuel d'utilisation. Qu'ils ne désiraient pas vraiment de piscine. J'ai même commencé à espérer les voir démonter la bête pour la mettre aux poubelles ou la vendre à un quidam quelconque.

Mais rien n'a donc changé avant aujourd'hui.

Ben oui quoi: il fait chaud. Il fait même très chaud. Alors nos voisins ont l'air de tout à coup s'être dit: "ah oui, tiens c'est vrai, on a une piscine, on va aller se rafraîchir dedans tiens-tiguidou".

Je les ai vu courir avec excitation dans la cour en maillot.

Sauf que, je crois que personne ne les a averti, mais ça nous a pris 3 SEMAINES réussir à stabiliser la situation ici: plus d'algues, plus de cochonnerie, plus de problème de PH... Avoir ENFIN une eau baignable.

Alors permettez-moi de ricaner jaunement: la baignade ça sera pour la prochaine canicule!

jeudi 17 juin 2010

Les RSG s'en vont en guerre...

Samedi dernier, j'étais assise devant le hublot du bocal de danse de mes filles. Elles s'escrimaient à tenter un twist dans une jupette à taffetas violacé quand la discussion autour de moi s'est transformé en revendications pro-RSG, un acronyme qui est la version courte de "responsable de service de garde", version longue du communément défunt "Gardienne". Les manchettes nous tabassent depuis quelques semaines de cette information: dans les journaux, à la télé, les blogues... Si bien que le commun des mortels en fait son propre débat dans les forums de discussion de parents dépités et sur les trottoirs à attendre l'autobus après avoir été déposés ses enfants chez la RSG. La pierre angulaire? Les RSG auront droit à la syndicalisation, droit qui leur avait été injustement retiré lors de l'échafaudage des places à 5$(7$ aujourd'hui) en 1997.

Dans ce discours revendicateur plein d'espoirs auquel je me suis mêlée modérément, on convoitait les généreux congés des éducatrices en CPE, leur salaire bien sûr et leurs avantages sociaux. Une revendication compréhensible et au moins en partie légitime. J'ai tout de même émis quelques réserves pour dégonfler des ballons qui s'emplissaient tels une grenouille qui se prenait pour un boeuf: "Avec mon ancienneté, je vais avoir le droit à 5 semaines de vacances" se référant aux vacances glorifiées des fonctionnaires. Je me suis enquérie du comment elle pouvait avoir 15 ans d'ancienneté (le seuil auquel au gouvernement provincial on atteint les 5 semaines de vacances), les milieux familiaux ayant débuté leur existence en 1997? Elle m'a répondu qu'elle était éducatrice à la maison bien avant ça, qu'elle faisait ce job depuis au moins 15 ans. Ah. Expérience et ancienneté sont deux girons bien différent au gouvernement. 5 années d'expérience ne sont pas 5 années d'ancienneté. On peut avoir travaillé 25 ans dans un domaine et débuter une carrière gouvernementale à 50 ans. À 51 ans, malgré tout le bagage qu'on a édifié derrière nous, l'ancienneté sera d'un an. Un an: c'est à peine l'âge de commencer à marcher, on est purement un nouveau-né fonctionnaire aux droits à peine encore éclos.

Se faisant le défenseur de ses dames, une de nos grandes gueules nationales, M. Stéphane Gendron a énoncé des propos édifiants et plein de grands mots forts, tel que "esclavagisme" dans une tribune sur VVVvvVVvvvVV.

Lançant alors des demi-vérités et des calculs oblitérant des grands pans de vérité, il a martelé le public de la grande injustice alléguée vécue par les RSG. Selon ses savants (sic) calculs, les RSG sont payés un terrible 9,66$ de l'heure, ce qui selon ses dires est moins que le salaire minimum (première erreur de sa part, en date du 1er mai 2010, le salaire minimum a été bonifié à 9,50$ de l'heure). Dans le même esprit, il a mentionné que les éducatrices non spécialisées en garderie font un "faramineux" 21,65$ de l'heure. Une donnée qui est fausse, correspondant au dernier échelon d'une classification comportant 14 années de petites hausses successives, débutant à 14,19$ de l'heure et se terminant à 21,28$ de l'heure et qui atteindra en 2011 ce fameux 21,65$ à son point culminant. On est soudain, beaucoup moins loin du compte! Les demi-vérités ne s'arrêtent pas là! M. Gendron mentionne que les éducatrices reçoivent un "maigre" 26$ par jour par enfant pour veiller aux soins des touts petits. La réalité n'est pas si simple. Il existe deux principales catégorisations des frais en matière de RSG, les enfants de moins de 18 mois et ceux de plus de 18 mois. Le montant stipulé par Gendron correspond à cette seconde catégorie. La première s'accompagne plutôt d'un montant bonifié d'un 9,75$ par jour, portant la contribution à 35,75$. Chaque RSG si elle n'engage pas d'aide, à droit à deux poupons et 4 enfants de plus de 18 mois... En moyenne, elle aura donc 29,25$ par enfant. Une autre façon d'amenuiser l'écart. Cette seule hausse ajoutée au "calcul" de M. Gendron porte le salaire des RSG à 10,87$ de l'heure. Des chiffres déjà beaucoup moins douloureux. Et cela ne s'arrête pas là!

Reprenons les chiffres depuis le début, tabula rasa, refaisons nos comptes. Dans un élan de générosité magnanime, je comparerai le tableau des RSG à un salaire moyen entre le plus bas et le plus haut échelon de l'échelle des éducatrices non formées. Cette moyenne se chiffre à 17,74$ (annuellement: 32 286,80$). Selon mes estimations et observations, je crois pouvoir dire que ce seuil correspond sans doute à l'échelon maximal qu'atteindrait la majorité des RSG. En effet, plusieurs d'entre elles occuperont cet emploi le temps que les enfants atteignent l'âge de la scolarisation. Après quoi elles débuteront pour plusieurs une nouvelle carrière. Seules quelques "vraies de vraie" poursuivront le sentier de cette carrière vocation qui exige un vrai feu sacré pour être perpétué au-delà de la décennie.

Du côté des RSG, nous parlions un peu plus haut d'un montant moyen par enfant de 29,25$ par jour. Multiplions le à l'échelle de la semaine, nous obtenons un compte de 877,50$. Pour bien comprendre les services de garde, il faut toutefois savoir que le 6 enfants qu'il est possible "d'éduquer" par jour est lié au nombre d'enfants de l'éducatrice qui sont âgés sous la barre des 9 ans. Chacun des enfants en question réduit le compte d'autant. La moyenne des québécois ayant 1,731 enfant en 2009, nous soustrairons donc ce nombre symbolique au 6 enfants permis. Reste donc 4,269 enfants. Nous les comptabiliserons à titre de 2 poupons et la balance en enfant de 18 mois et plus. Le montant par semaine devient alors 652,47$ par semaine et par année un montant de 33 928,44$.

M. Gendron mentionnait que les éducatrices avaient ensuite des frais liées à la réalité d'accueillir les enfants dans leur propre maison. Ils doivent entre autre leur procurer un dîner et deux collations. Nous allouerons un budget de 3,50$ par enfant par jour à cet effet. Les enfants occupent un espace dans le domicile des RSG, à cette fin ils utilisent donc, l'eau et l'électricité, ce qui peut avoir pour effet d'augmenter les frais d'électricité du ménage. Mais soyons réaliste: une maison occupée par quatre individus ou dix ne multiplient pas de façon proportionnelle les frais en question. J'avance un montant mensuel de 50$ par mois et je crois même ce montant généreux. Quant aux frais d'espace occupé, difficile de quantifier. Le fait d'avoir un espace consacré à la garderie ne coûte pas en soit plus d'argent au ménage, au pire, cela les prive d'utiliser les lieux à d'autres vocations. Cependant, quel parent ne possède pas de grands espaces de jeux désignés?

De la même façon, une éducatrice peut payer des frais pour se procurer du matériel de jeux, un pouponbus, etc. Mais encore là, la ligne n'est pas simple à tracer: le matériel aurait-il de toute façon été acheté par la mère derrière la RSG? Par souci d'équité nous attribuerons un montant de 1000$ par an aux différents frais en question, qui selon moi sont sans doute en réalité beaucoup moindre et en gardant en tête que ces mêmes jouets réduisent les dépenses du ménage en matière de jouets pour leurs propres enfants. Le dernier coût auquel je peux penser est l'assurance habitation qu'elles devront nécessairement s'adjoindre afin d'éviter des problèmes en cas de sinistre avec l'assureur. Je n'ai aucune idée des frais en question qui doivent de toute façon varier énormément, mais allons-y d'un 600$ annuel, ce qui s'approche du coût d'assurance d'habitation de bien des résidents ou encore aux montants de cotisation professionnel de d'autres. Ces soustractions (au total de 7660$ par an) ramènent le montant précédemment calculé à 26 268,44$ par an. Cela semble moins généreux.

Cependant, c'est ici que les calculs se corsent. À titre de travailleur autonome, titre dont ces mesdames souhaitent se défaire, elles pouvaient déduire l'ensemble des frais engagés de leurs revenus d'impôt. Mais s'agit-il des frais réels imputés à la réalité d'être RSG? Je pense par exemple aux intérêts payés sur l'hypothèque d'un domicile. Comme expliqué un peu plus haut, ce coût en est un qu'on peut difficilement quantifier, à plus forte raison quant on parle du travail d'une RSG qui nécessite des espaces désignés qui ne dénaturent pas véritablement le domicile. Pour plusieurs ces espaces seront de toute façon utilisés tel quel par les enfants de la famille. En matière d'impôt, voici ce que l'on peut soustraire à ces revenus quand on est travailleur autonome. Par souci de simplification nous considérerons l'ensemble des dépenses comme des dépenses courantes. C'est donc dire que les 7660$ de dépenses admises un peu plus haut seront déduites du revenu aux fins du calcul d'impôt. À ce montant s'ajouteront toutefois les frais liés à l'hypothèque. Allons-y d'une hypothèque réaliste de 801,90$ par mois comprenant des frais d'intérêt mensuels moyens de 500$ (146 500 d'hypothèque, sur 25 ans au taux de 4,39%) , accompagnée de 300$ de frais de taxes municipales. Selon les règles d'impôt en matière de travailleur autonome, le travailleur autonome doit calculer combien de pourcentage de la surface de sa résidence est occupée, tout en attribuant un pourcentage de temps réaliste d'occupation des lieux à des fins professionnelles. Disons que la RSG aura calculé occuper le tiers de son espace, il faut ensuite selon ces mêmes calculs réduire le tout de 50%. C'est ce montant que l'on peut ensuite déduire du revenu. Dans le cas présent, le montant annuel sera de 1600$. Portant le revenu imposable à 24 668,44$.

Pour comparer différents scénarios d'imposition, il serait très ardu d'avoir un seul résultat final, incontournable qui vient édicter avec justesse ce qu'obtient Mesdames les RSG versus Mesdames les éducatrices au final dans leurs poches. En effet, l'impact du revenu de ces dernières ne peut être le même si elles sont monoparentales que si elles ont un conjoint qui gagnant 100 000$ par an. Nous ne comparerons que un scénario, s'approchant de la moyenne des ménages québécois, celui d'une femme en couple ayant un conjoint qui gagne 35 000$ par an. Nous utiliserons la calculatrice du ministère des finances, je l'admets, un de mes outils préférés! Il permet de décliner plein de scénarios de vie et d'avoir un portrait relativement réaliste de ce que peut acheter en qualité de vie les ménages par la suite. Les calculs ne sont pas parfaits (car ils ne considèrent pas le fait que par exemple, en tant que travailleur autonome il n'y a pas d'obligations de payer la RRQ, l'assurance-emploi ou les cotisations de RQAP), mais nous vivrons avec cette approximation qui permet quand même un coup d'oeil réaliste. Certaines des RSG paieront de plein gré le RQAP (fois deux, car elles auront à leur charge la portion employeur) dans l'espoir d'obtenir un congé de maternité, sauf qu'elles ont aussi le choix de ne pas le payer quand la famille sera terminée. De la même façon, elles peuvent ou non adhérer à la RRQ (x2, encore une fois responsable de la portion employeur), sauf que cela ne les avantage aucunement de le faire quand on sait que les travailleurs d'aujourd'hui paient bien plus que ce qu'ils ne recevront jamais, elles feraient mieux de placer le tout de leur côté dans des REER... Mais ceci est un autre débat! Pour les fins du calcul, nous rendrons donc disponible ces 3 montants pour d'autres dépenses.

Alors voilà le match décisif final: les RSG sont-elles exploitées, et si oui, à quel point?

RSG
Revenu familial de 35 000$ + 24 668,44$ que nous couperons de 4/52, correspondant à un plus que raisonnable 4 semaines de vacances non payées: score final: 22 770,87$
2 enfants de 3 et 4 ans
Revenu disponible selon la calculatrice en 2009: 48 411$
Revenu disponible en ajoutant la RRQ, l'AE et le RQAP non payé: 49 790$
Si on ajoute à ce nombre les frais soustraits relatifs au logement qui seront de toute façon payés par n'importe quel citoyen, le score final se chiffre à: 51 390$

Éducatrice
Revenu familial de 35 000 + 32 286,80$ (auquel je soustraie 1,5% du salaire correspondant à des charges syndicales, salaire final: 31 802,50$)
2 enfants de 3 et 4 ans placé en garderie subventionné à 7$ toute l'année pour des coûts de 3650$ annuellement)
Revenu disponible en 2009: 53 572$

Surpris? Et oui, la famille de Mme la RSG a moins d'argent dans ses poches au final que Mme l'éducatrice! Pas beaucoup moins. La différence se chiffres à 2182$ malheureux dollars par année. 2182$ qui peuvent être attribués au fait que j'ai choisi un scénario parmi d'autres, au fait que je suis humaine que je fais des erreurs: attribuez-le à ce que vous voulez. Mais il reste qu'au final, la différence FINANCIÈRE est l'histoire d'un choix.

La différence n'est pas quantitative, elle est qualitative. Elle provient du fait que les éducatrices d'un côté auront des journées maladie, des semaines plus courtes (35 heures par semaine versus 50 heures de travail obligatoire), un fonds de pension... Je ne comptabilise pas les vacances payées, puisque j'ai amputé dans mon calcul le salaire des RSG des 4 semaines gouvernementales de vacances d'office... Mais de l'autre côté, les RSG auront des groupes plus petits, la possibilité de choisir les parents et les enfants qu'ils auront pour client, de choisir un horaire de vacances qui leur convient, de terminer occasionnellement plus tôt quand les parents vont chercher leurs enfants à 16 heures alors que la garderie ferme à 17h30, d'éviter le trafic pour retourner à la maison et la possibilité d'être avec leurs enfants à la maison, tous les jours.

Et ça, il paraît que ça n'a pas de prix.



jeudi 8 avril 2010

Pas d'abonné au numéro que vous avez composé

En tant que mère, les horaires sont souvent une véritable jonglerie de petits moments que l'on tente d'enfiler les uns à la suite des autres dans une journée, histoire de parvenir à tout boucler. Jouer avec les enfants, allaiter, faire la cuisine, faire le ménage, aller travailler, aller porter les enfants à la garderie ou à l'école, souper en famille en parlant de la journée de tous, aller faire changer les pneus des deux voitures, courir les rendez-vous chez le dentiste ou le médecin, appeler sa copine qu'on a pas vu depuis 1 an, etc.

Les non-parents nous regardent souvent aller, la langue à terre, l'air de se demander quand on a le temps d'avoir le temps... Croyez-le ou non, il y a bien quelques intermèdes. Ceux que l'on s'accorde de bonne grâce parce qu'on estime avoir fait un superbe sprint de ménage de une heure, ceux que l'on s'accorde de mauvaise grâce parce qu'on a aucune envie de faire un sprint de ménage d'une heure, ceux qu'on s'accorde parce qu'on a dormi deux heures pendant la nuit -bébé perce ses dents- ou tout simplement ceux qu'on s'accorde parce que... on procrastine.

Ce qui change avec la maternité, ce n'est pas le fait de s'accorder ou non des moments à ne rien faire. C'est plutôt le fait qu'il nous est impossible de le faire dorénavant sans l'arrière-fond de culpabilité qui nous dicte les on-aurait-donc-dû. Le hamster cérébral se met en route: pourquoi ne fait-on pas ce que l'on a à faire? Pourquoi pas du ménage? Pourquoi pas le GO du bébé? Pourquoi pas appeler les assureurs pour le renouvellement de notre police habitation ou encore l'amie qu'on a pas vu depuis un an?

Parce qu'il faut du temps pour recharger la batterie. C'est ce qu'on m'a dit un jour où je n'en pouvais plus de me chercher des activités à faire pour ne pas gaspiller mon temps à ne rien faire.

On m'a aussi dit que les batteries de chaque individu ne prennent pas le même temps à se recharger. Si pour l'un, 15 minutes par jour est suffisant, pour l'autre 5 heures peut à peine compenser la perte d'énergie encourue par toutes les activités quotidiennes.

Au bout du compte, tout n'est qu'une question de perceptions, de besoins, de priorités. L'espace pour soi demeure essentiel pour garder l'équilibre au milieu des gagou gougou. Cet espace peut se définir par un travail, une sortie en amoureux ou ne rien faire. Le vide est paraît-il rempli d'énergie...

mardi 6 avril 2010

Ma cabane au Canada - Première partie

Acheter une maison, depuis quelques années, relève pratiquement de l'acte de foi. Acte de foi parce qu'il faut avoir foi en tout plein de paramètres hors de notre contrôle. Cette foi est nécessaire pour avoir l'impression qu'on survivra aux hausses futures de taux hypothécaires ou qu'on survivra à la crise cardiaque associée à une éventuelle chute des valeurs de revente des maisons. Chute que les experts qualifient "d'improbable" dans le marché canadien, même si le mot surchauffe est sur les lèvres de tous dans les dernières semaines. Ces constats soulèvent le premier questionnement: À qui profite véritablement les conseils des experts?

La plupart des analyses sur le marché immobilier sont publiées par des banques. Oui, oui, les mêmes banques qui vos prêtent ensuite les sous avec lesquels vous financez ledit achat. Quant aux journalistes économiques, rares sont ceux qui ont suffisamment de couilles (ou suffisamment de compréhension des aléas du marché ou un rédacteur en chef avec les mêmes attributs, le cas échéant) pour faire autrement que relater ce qui était déjà stipulé par ces mêmes bulletins économiques bancaires. Disons qu'en matière de neutralité, un doute s'installe.

Ce que cela nous indique? Pas qu'on ne devrait pas acheter de maison, mais plutôt qu'on devrait être encore plus prudent dans le contexte volatile actuel. Se prémunir contre cette volatilité exige, par exemple, qu'on calcule notre réelle disponibilité financière et aussi notre disponibilité financière FUTURE. Pourquoi? Parce que comme maman, on est aussi responsable de fournir un toit -et idéalement- un toit stable à nos enfants.

Voici quelques règles de base que vous ne lirez jamais nulle part ailleurs, parce que c'est tellement plus simple de se cantonner aux habituels ratios d'endettement (ABD et ATD de leurs petits noms). Ratio qu'il est quand même utile de connaître pour comprendre le raisonnement bancaire.

1 - Gérer le risque
Les ratios d'endettement des banques existent pour mesurer le risque que vous présentez comme acheteur de rembourser ou non les montants prévus de mensualités hypothécaires. Ce que cela ne mesure pas, c'est le niveau de risque que vous faites courir à votre famille. Ce risque là de s'engouffrer sans crier gare dans un goulot d'étranglement financier où l'espace pour vivre en dehors des remboursements hypothécaires est inexistant. Un équilibre qui peut être démoli pour un changement dans votre vie prévu ou non. En effet, les ratios d'endettement ne considère pas les situations de crise qui se présentent parfois, tel qu'une perte d'emploi ou une maladie longue. Cela ne calcule pas non plus que vous avez finalement décidé de rester à la maison pour quelques années après la troisième enfant. Cela ne mesure pas non plus les éventuelles tensions dans le couple causé par tous ces stress possibles financiers qui acculent souvent au divorce.

Pour vous prémunir contre tous ces stress-là, avez-vous songé à calculer votre capacité à assumer les dépenses liées à votre achat maison avec un seul salaire ou encore un salaire et l'assurance-emploi? Avez-vous songé à un plan B pour payer vos mensualités pendant un certain temps en cas de catastrophe? En ce qui concerne tous ces risques-là, il ne s'agit pas de devenir un spartiate monétaire discipliné. Il s'agit plutôt de déterminer sa zone de confort en matière de risque et d'aligner ses plans B et son achat à cette tolérance. Cela diminuera non seulement votre stress financier, mais aussi votre stress familial et votre stress en général.

2- Calculer le futur
Bon, là maintenant, vous savez être en mesure de payer votre hypothèque, vous avez faites fermer votre taux hypothécaire à 4%. Chanceux que vous êtes! Ces taux sont FABULEUSEMENT bas. Ne faites pas l'erreur d'assumer qu'il en sera nécessairement de même dans 5 ans. Il suffit de jeter un oeil sur l'historique des taux moyens hypothécaires pour comprendre combien vous êtes privilégiés. S'il est peu probable que les taux remontent un jour à un record historique de 21,46% (on est pratiquement dans le taux usuraire, c'est dire!) pour plein de raisons macroéconomiques que vous n'avez pas envie de lire, on peut facilement imaginer une hausse dans 5 ans à 7%. Or, de 4 à 7%, ça fait très mal au porte-feuille.

Prenons un prêt actuel de 200 000$, ce qui n'est pas très éloigné de la valeur moyenne des résidences au Québec présentement. Les mensualités sur un tel montant à 4% d'intérêt sur un terme de 25 ans seront de 1052,04$. Après 5 ans, la balance du prêt est de 174 107,83$ et ce même montant que l'on continue de rembourser sur 20 ans (5 années étant écoulé) à un taux de 7% cette fois, donne des mensualités de 1 339,43$. Une hausse relativement conséquente. Pour se faire une idée générale sans sortir la calculatrice, on peut compter que pour chaque 1% de hausse sur 100 000$ d'hypothèque, les frais supplémentaires mensuels sont de 50$. Il s'agit d'une approximation très approximative, mais ça donne une idée (différents facteurs font varier ce montant, tel que la durée de l'amortissement)! Êtes-vous en mesure de pallier à une telle hausse?

3- Acheter une maison qui convient à vos besoin pour une période prolongée
Quand on se lance dans l'achat d'une maison, on se cantonne souvent à se préoccuper de nos besoins immédiats plutôt que de penser dans une perspective élargie des besoins en croissance qui pourraient nous assaillir. Par exemple, un petit condo quatre et demi convient certainement à un jeune couple sans enfant. Cependant si ce jeune couple fait des enfants, ils se sentiront rapidement à l'étroit entre leurs 4 murs. La tentation sera alors très forte de revendre et racheter. Les achats/ventes de maison viennent obligatoirement avec des frais de transaction plus ou moins élevés que l'on devrait songer à "amortir" sur la période où nous avons été propriétaires de la maison achetée. Une approche qui aide à visualiser qu'il est pertinent d'éviter des déménagements précipités. Les frais de transaction s'élèvent à environ 5% de la valeur d'une maison. 5% de 200 000$, c'est 10 000$. Si on décide de déménager après 2 ans, c'est dire qu'on aura payé 5 000$ de frais de transaction par année. Alors que si on avait habiter au même endroit pendant 5 ans, cela correspondrait à 2000$ par année de frais. Une épargne conséquente qui montre que la patience permet de grandes choses.

4- Ne négliger pas les hausses de coût cachés
Acheter une maison c'est plus que payer une hypothèque. C'est aussi acheter une tondeuse, c'est acheter un barbecue, c'est devoir prévoir un déneigeur ou une bonne pelle (ou les deux quand le déneigeur oublie de ramasser la neige dans notre cour et qu'on sort alors la bonne pelle), etc. Cependant, le coût caché le plus considérable provient de la distance et du temps perdu de par cette distance que l'on parcourra dorénavant pour aller travailler, visiter maman ou belle-maman, etc. 10 km de plus quotidiemment pour aller travailler 5 jours par semaine, au bout d'une année de travail deviendront 5200 km qui pourraient se chiffrer facilement à 500$ de frais supplémentaires d'essence annuel et je vous épargne les coûts associés au véhicule qui sont certainement plusieurs fois supérieurs. Côté temps, que vaut 30 minutes par soir avec la marmaille? Tout le monde devrait magasiner sa maison en calculant les distances sur maps.google.ca ou encore par le biais des différents engins des organismes de transport en commun, comme la STM, la RTL, la STL pour la grande région Montréalaise, le RTC pour Québec ou la STO à Gatineau.

Toute cette démarche vous apparaît ardue? On ne parle pas de magasiner une paire de souliers ici, mais bien d'une maison. 100$ versus 200 000$. Le temps investi en recherches en vaut la chandelle.

Celle que vous ne brûlerez pas par les deux bouts!

mardi 30 mars 2010

Le dire ou pas?

Quand on cherche un emploi et qu'on est maman, parfois on a l'impression d'avoir un secret honteux à cacher.

L'ère moderne (qui est supposé rimer avec égalité des sexes, égalité salariale, non-discrimination et chances égales) ne se modernise pas aussi rapidement que souhaité. Résultat: les mamans se confrontent encore souvent avec le regard incrédule de patrons jugeants quand on admet à demi-mots gênés qu'on est des mamans en entrevue. Pour beaucoup de patrons, ça veut dire des employés qui donneront moins de leur temps, des employés qui s'absenteront plus fréquemment... Parce que oui, parfois les enfants sont malades, parce que oui ,parfois la garderie est fermée et parce que oui, parfois après 3 nuits sans dormir, maman peut être morte de fatigue et aussi productive qu'une théière trouée.

La pression est forte pour les mamans de garder le secret afin d'obtenir ce poste dont elles rêvaient ou parfois simplement pour obtenir un emploi tout court. Surtout quand la pression de longs mois de chômage les font douter sur leur capacité de trouver l'emploi cherché.

Dans les articles spécialisés, on dit que la loi nous protège. La Charte des droits et libertés dit qu'on ne peut discriminer quelqu'un en raison de son sexe ou de son état de grossesse. Elle précise même que "nul ne peut exercer de discrimination dans l'embauche, l'apprentissage, la durée de la période de probation, la promotion, la mutation, le déplacement, la mise à pied, la suspension, le renvoi ou les conditions de travail d'une personne ainsi que dans l'établissement de catégories ou de classifications d'emploi". Ce qui devrait avoir pour résultats d'interdire à tout employeur de même soulever le questionnement de l'état de maternité. Cet état étant directement associé avec notre sexe et l'état précédent de grossesse.

Cependant, entre la loi et son application, il existe encore trop souvent un monde, un fossé qui se comble difficilement. Dans un récent article dans La Presse, on soulignait que les femmes sont encore fréquemment victimes de congédiement abusifs enceinte. Parfois, la contextuelle laisse planer ce motif évident, mais parfois l'employeur se dissimule habilement sous d'autres faux prétextes pour justifier ses actes.

Quand il s'agit d'embauche, la réalité est encore plus sensible: il est aisé de dire qu'on a choisi un autre candidat parce qu'il était plus compétent, plus expérimenté. On peut alors avoir l'impression qu'on a été discriminé et ce sera peut-être vrai. Le prouver sera une autre bataille. Si la loi protège, la réalité, elle, discrimine.

Alors, le dire ou pas? Malgré tout, malgré ce que dit les livres, malgré ce que dit la loi, il faut le dire. Pas par souci d'honnêteté ou de transparence. Il faut le dire parce que nous aussi comme employée, on peut discriminer. On peut choisir le bon employeur plutôt que le mauvais. On peut éviter de travailler pour un employeur qui ne sera pas en mesure de comprendre que nous portons plusieurs chapeaux. On ne veut pas de cet employeur qui exigera de travailler 70 heures par semaine ou qui contredira le fait qu'on peut s'absenter 10 jours par année pour des motifs familiaux et qui nous talonnera de sanctions à chaque retard parce que fillette de 2 ans a décidé de faire une méga crise du bacon de 30 minutes nous empêchant de partir à l'heure prévue.

Un employeur qui n'est pas en mesure d'accommoder un parent, en vertu des lois en place (qui permettent de s'absenter 10 jours sans solde à la guise de l'employé pour des motifs familiaux) a vraisemblablement plus de chance d'être le même employeur ingrat qui ne vous accordera pas de congé quand vous le souhaitez, qui ne payera pas les heures supplémentaires (tout en soulignant à demi-mots que pour avoir des promotions, le temps effectué en plus est un critère) et sera le même employeur qui se cherche des motifs ridicules pour vous congédiez en apprenant une grossesse.

La question n'est donc pas qui est prêt à vous engagez parce que vous êtes mères, mais plutôt pour qui êtes-vous prêtes à travailler? Cela replace les choses en perspective. En vous donnant le pouvoir d'éviter ces endroits, ces employeurs un jour ou l'autre devront questionner leur mode de gestion, parce qu'ils n'auront plus accès aux ressources qualifiées que vous êtes. Votre pouvoir de choisir est donc la meilleure façon de canaliser le changement.