jeudi 8 avril 2010

Pas d'abonné au numéro que vous avez composé

En tant que mère, les horaires sont souvent une véritable jonglerie de petits moments que l'on tente d'enfiler les uns à la suite des autres dans une journée, histoire de parvenir à tout boucler. Jouer avec les enfants, allaiter, faire la cuisine, faire le ménage, aller travailler, aller porter les enfants à la garderie ou à l'école, souper en famille en parlant de la journée de tous, aller faire changer les pneus des deux voitures, courir les rendez-vous chez le dentiste ou le médecin, appeler sa copine qu'on a pas vu depuis 1 an, etc.

Les non-parents nous regardent souvent aller, la langue à terre, l'air de se demander quand on a le temps d'avoir le temps... Croyez-le ou non, il y a bien quelques intermèdes. Ceux que l'on s'accorde de bonne grâce parce qu'on estime avoir fait un superbe sprint de ménage de une heure, ceux que l'on s'accorde de mauvaise grâce parce qu'on a aucune envie de faire un sprint de ménage d'une heure, ceux qu'on s'accorde parce qu'on a dormi deux heures pendant la nuit -bébé perce ses dents- ou tout simplement ceux qu'on s'accorde parce que... on procrastine.

Ce qui change avec la maternité, ce n'est pas le fait de s'accorder ou non des moments à ne rien faire. C'est plutôt le fait qu'il nous est impossible de le faire dorénavant sans l'arrière-fond de culpabilité qui nous dicte les on-aurait-donc-dû. Le hamster cérébral se met en route: pourquoi ne fait-on pas ce que l'on a à faire? Pourquoi pas du ménage? Pourquoi pas le GO du bébé? Pourquoi pas appeler les assureurs pour le renouvellement de notre police habitation ou encore l'amie qu'on a pas vu depuis un an?

Parce qu'il faut du temps pour recharger la batterie. C'est ce qu'on m'a dit un jour où je n'en pouvais plus de me chercher des activités à faire pour ne pas gaspiller mon temps à ne rien faire.

On m'a aussi dit que les batteries de chaque individu ne prennent pas le même temps à se recharger. Si pour l'un, 15 minutes par jour est suffisant, pour l'autre 5 heures peut à peine compenser la perte d'énergie encourue par toutes les activités quotidiennes.

Au bout du compte, tout n'est qu'une question de perceptions, de besoins, de priorités. L'espace pour soi demeure essentiel pour garder l'équilibre au milieu des gagou gougou. Cet espace peut se définir par un travail, une sortie en amoureux ou ne rien faire. Le vide est paraît-il rempli d'énergie...

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