Quand on cherche un emploi et qu'on est maman, parfois on a l'impression d'avoir un secret honteux à cacher.
L'ère moderne (qui est supposé rimer avec égalité des sexes, égalité salariale, non-discrimination et chances égales) ne se modernise pas aussi rapidement que souhaité. Résultat: les mamans se confrontent encore souvent avec le regard incrédule de patrons jugeants quand on admet à demi-mots gênés qu'on est des mamans en entrevue. Pour beaucoup de patrons, ça veut dire des employés qui donneront moins de leur temps, des employés qui s'absenteront plus fréquemment... Parce que oui, parfois les enfants sont malades, parce que oui ,parfois la garderie est fermée et parce que oui, parfois après 3 nuits sans dormir, maman peut être morte de fatigue et aussi productive qu'une théière trouée.
La pression est forte pour les mamans de garder le secret afin d'obtenir ce poste dont elles rêvaient ou parfois simplement pour obtenir un emploi tout court. Surtout quand la pression de longs mois de chômage les font douter sur leur capacité de trouver l'emploi cherché.
Dans les articles spécialisés, on dit que la loi nous protège. La Charte des droits et libertés dit qu'on ne peut discriminer quelqu'un en raison de son sexe ou de son état de grossesse. Elle précise même que "nul ne peut exercer de discrimination dans l'embauche, l'apprentissage, la durée de la période de probation, la promotion, la mutation, le déplacement, la mise à pied, la suspension, le renvoi ou les conditions de travail d'une personne ainsi que dans l'établissement de catégories ou de classifications d'emploi". Ce qui devrait avoir pour résultats d'interdire à tout employeur de même soulever le questionnement de l'état de maternité. Cet état étant directement associé avec notre sexe et l'état précédent de grossesse.
Cependant, entre la loi et son application, il existe encore trop souvent un monde, un fossé qui se comble difficilement. Dans un récent article dans La Presse, on soulignait que les femmes sont encore fréquemment victimes de congédiement abusifs enceinte. Parfois, la contextuelle laisse planer ce motif évident, mais parfois l'employeur se dissimule habilement sous d'autres faux prétextes pour justifier ses actes.
Quand il s'agit d'embauche, la réalité est encore plus sensible: il est aisé de dire qu'on a choisi un autre candidat parce qu'il était plus compétent, plus expérimenté. On peut alors avoir l'impression qu'on a été discriminé et ce sera peut-être vrai. Le prouver sera une autre bataille. Si la loi protège, la réalité, elle, discrimine.
Alors, le dire ou pas? Malgré tout, malgré ce que dit les livres, malgré ce que dit la loi, il faut le dire. Pas par souci d'honnêteté ou de transparence. Il faut le dire parce que nous aussi comme employée, on peut discriminer. On peut choisir le bon employeur plutôt que le mauvais. On peut éviter de travailler pour un employeur qui ne sera pas en mesure de comprendre que nous portons plusieurs chapeaux. On ne veut pas de cet employeur qui exigera de travailler 70 heures par semaine ou qui contredira le fait qu'on peut s'absenter 10 jours par année pour des motifs familiaux et qui nous talonnera de sanctions à chaque retard parce que fillette de 2 ans a décidé de faire une méga crise du bacon de 30 minutes nous empêchant de partir à l'heure prévue.
Un employeur qui n'est pas en mesure d'accommoder un parent, en vertu des lois en place (qui permettent de s'absenter 10 jours sans solde à la guise de l'employé pour des motifs familiaux) a vraisemblablement plus de chance d'être le même employeur ingrat qui ne vous accordera pas de congé quand vous le souhaitez, qui ne payera pas les heures supplémentaires (tout en soulignant à demi-mots que pour avoir des promotions, le temps effectué en plus est un critère) et sera le même employeur qui se cherche des motifs ridicules pour vous congédiez en apprenant une grossesse.
La question n'est donc pas qui est prêt à vous engagez parce que vous êtes mères, mais plutôt pour qui êtes-vous prêtes à travailler? Cela replace les choses en perspective. En vous donnant le pouvoir d'éviter ces endroits, ces employeurs un jour ou l'autre devront questionner leur mode de gestion, parce qu'ils n'auront plus accès aux ressources qualifiées que vous êtes. Votre pouvoir de choisir est donc la meilleure façon de canaliser le changement.
L'ère moderne (qui est supposé rimer avec égalité des sexes, égalité salariale, non-discrimination et chances égales) ne se modernise pas aussi rapidement que souhaité. Résultat: les mamans se confrontent encore souvent avec le regard incrédule de patrons jugeants quand on admet à demi-mots gênés qu'on est des mamans en entrevue. Pour beaucoup de patrons, ça veut dire des employés qui donneront moins de leur temps, des employés qui s'absenteront plus fréquemment... Parce que oui, parfois les enfants sont malades, parce que oui ,parfois la garderie est fermée et parce que oui, parfois après 3 nuits sans dormir, maman peut être morte de fatigue et aussi productive qu'une théière trouée.
La pression est forte pour les mamans de garder le secret afin d'obtenir ce poste dont elles rêvaient ou parfois simplement pour obtenir un emploi tout court. Surtout quand la pression de longs mois de chômage les font douter sur leur capacité de trouver l'emploi cherché.
Dans les articles spécialisés, on dit que la loi nous protège. La Charte des droits et libertés dit qu'on ne peut discriminer quelqu'un en raison de son sexe ou de son état de grossesse. Elle précise même que "nul ne peut exercer de discrimination dans l'embauche, l'apprentissage, la durée de la période de probation, la promotion, la mutation, le déplacement, la mise à pied, la suspension, le renvoi ou les conditions de travail d'une personne ainsi que dans l'établissement de catégories ou de classifications d'emploi". Ce qui devrait avoir pour résultats d'interdire à tout employeur de même soulever le questionnement de l'état de maternité. Cet état étant directement associé avec notre sexe et l'état précédent de grossesse.
Cependant, entre la loi et son application, il existe encore trop souvent un monde, un fossé qui se comble difficilement. Dans un récent article dans La Presse, on soulignait que les femmes sont encore fréquemment victimes de congédiement abusifs enceinte. Parfois, la contextuelle laisse planer ce motif évident, mais parfois l'employeur se dissimule habilement sous d'autres faux prétextes pour justifier ses actes.
Quand il s'agit d'embauche, la réalité est encore plus sensible: il est aisé de dire qu'on a choisi un autre candidat parce qu'il était plus compétent, plus expérimenté. On peut alors avoir l'impression qu'on a été discriminé et ce sera peut-être vrai. Le prouver sera une autre bataille. Si la loi protège, la réalité, elle, discrimine.
Alors, le dire ou pas? Malgré tout, malgré ce que dit les livres, malgré ce que dit la loi, il faut le dire. Pas par souci d'honnêteté ou de transparence. Il faut le dire parce que nous aussi comme employée, on peut discriminer. On peut choisir le bon employeur plutôt que le mauvais. On peut éviter de travailler pour un employeur qui ne sera pas en mesure de comprendre que nous portons plusieurs chapeaux. On ne veut pas de cet employeur qui exigera de travailler 70 heures par semaine ou qui contredira le fait qu'on peut s'absenter 10 jours par année pour des motifs familiaux et qui nous talonnera de sanctions à chaque retard parce que fillette de 2 ans a décidé de faire une méga crise du bacon de 30 minutes nous empêchant de partir à l'heure prévue.
Un employeur qui n'est pas en mesure d'accommoder un parent, en vertu des lois en place (qui permettent de s'absenter 10 jours sans solde à la guise de l'employé pour des motifs familiaux) a vraisemblablement plus de chance d'être le même employeur ingrat qui ne vous accordera pas de congé quand vous le souhaitez, qui ne payera pas les heures supplémentaires (tout en soulignant à demi-mots que pour avoir des promotions, le temps effectué en plus est un critère) et sera le même employeur qui se cherche des motifs ridicules pour vous congédiez en apprenant une grossesse.
La question n'est donc pas qui est prêt à vous engagez parce que vous êtes mères, mais plutôt pour qui êtes-vous prêtes à travailler? Cela replace les choses en perspective. En vous donnant le pouvoir d'éviter ces endroits, ces employeurs un jour ou l'autre devront questionner leur mode de gestion, parce qu'ils n'auront plus accès aux ressources qualifiées que vous êtes. Votre pouvoir de choisir est donc la meilleure façon de canaliser le changement.
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